Chapitre 36

Tu la sentiras arriver... qui sait. Tu pourras l'arrêter... qui sait. Fais juste attention à ne pas tout perdre au même moment.

Pov Bill.

Il vient de repartir après avoir fini de manger, déposant ses lèvres sur ma joue. Putain, ce contact me répugne. Je cours à la salle de bains pour me frotter énergiquement la peau à l'eau glacée. Il ne doit y avoir aucune trace de lui sur moi. Je m'observe dans la glace. Les vestiges de mon maquillage dévasté par les larmes me donnent l'air d'un vampire, ma peau albâtre n'aidant pas non plus. Je retourne dans ma chambre et change d'habits. Mon plan est clair, j'espère que j'arriverai à le mettre à exécution sans trop de problèmes... Je sors de la chambre pour la première fois depuis tout ce temps où il me retient ici. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il me traite comme un prince ! Je crois vraiment qu'il a un grave problème...

Je descends doucement les escaliers tapissés. Elle est grande cette maison ! J'arrive en bas et un long couloir se profile devant moi. Il est entièrement noir et je commence réellement à avoir peur. Des frissons se dessinent sur ma peau et mes mains se mettent à trembler. J'hésite un instant à remonter en courant dans ma chambre et attendre que Tom réussisse à me retrouver. J'ai tellement peur... Oui, et s'il n'arrivait pas à me retrouver ? Qui sait ce que Thomas serait capable de me faire ? Non... c'est à moi de me sortir de cette putain de situation. Seul. Je détache lentement de la rampe, dernière attache avec la réalité et m'avance dans ce couloir sombre. Mes yeux sont aveugles et je dois m'appuyer contre le mur pour réussir à avancer correctement. Je frissonne de plus en plus, ce que mes doits frôlent me fait sursauter chaque seconde. Je devine plusireurs portes à grosses serrure ou mes ongles s'accrochent. Une table dans l'angle sordide que je franchis. Putain, j'ai peur. Mes yeux voient des ombres imaginaires et ma peau sent un souffle voleter autour d'elle. Je souffle fort, j'ai besoin de lumière. Mon esprit s'imagine des choses plus insencées les unes que les autres. Je suis seul dans un couloir plongé dans le noir et le fou qui me retient est caché je n'sais pas où. J'ai le droit d'avoir un peu les j'tons non ?

Je continue d'avancer, mais mon allure ralentit d'elle-même. Je distingue un filet de lumière sous une porte et m'en approche. Mon coeur bat la chamade et un rien pourrait me faire hurler de terreur. Je pose ma main sur la poignée et la tourne doucement, illuminant le couloir sombre et ce que j'y vois me terrifie. Des photos. Des photos de moi. Je tapisse entièrement les murs de sa maison. Mon Dieu, mais pourquoi moi ? Je tremble toujours plus fort. Tom... j'ai besoin de tes bras... Je ferme les yeux et entre dans la pièce. Elle est toute blanche. D'après ce que mes doigts sentent en s'appuyant sur divers meubles, ce doit être la cuisine. J'avance à l'aveuglette, mes lèvres entrouvertes laissent passer mon souffle saccadé par la peur. Putain, où est Thomas ? J'ouvre à nouveau les yeux mais ne voit rien de plus intéressant qu'une table et des chaises disposées en ronds. Encore un cadre de moi. Mais cette fois-ci de moi et Tom. Une photo de concert. Tom... Il faut que je m'échappe, et vite.

Je me fige tout à coup. Une voix retentit et résonne. Je ne connais pas sa provenance mais elle me glace le sang. C'est sa voix. Il chante « Heilig » et les notes qui sortent de sa gorge la déshumanise complètement. On dirait un robot. Je m'avance doucement mais n'arrive toujours pas à le voir. Je ferme les yeux et tente de me diriger à l'oreille, mais sens soudain une main sur mon épaule et un souffle sur ma nuque.
Je sursaute tellement fort que j'en tombe à terre, un hurlement d'horreur sortant de ma bouche.


« Mon Ange tu t'es fait mal ? »

J'ai envie de pleurer. Il était juste derrière moi... Il se tient debout, un sourire dément collé aux lèvres. Il me terrorise putain. Il me tend une main pour m'aider à me relever mais je rampe en arrière pour qu'il ne puisse pas me toucher. Il ne me touchera jamais ! Mon dos se heurte à une porte de placard et Thomas se rapproche rapidement.


« Me... me touche pas », je murmure hargneusement.

Il me dévisage, surpris. Quoi ? Tu t'attendais peut-être à ce que je te sautes dans les bras et à ce qu'on soit heureux tout le reste de notre vie ? Va te faire foutre, dans quelques temps je serai parti. Pour toujours. Il n'a pas l'air de comprendre mon interdiction et s'approche encore plus.

« J'ai dit, laisse-moi ! Je peux me relever tout seul. »

Mon ton se radoucit malgré moi. J'y suis pourtant bien obligé sinon tout tombera à l'eau. Il lève les mains en signe d'approbation et retourne devant le plan de travail. Il y saisit deux couteaux à viande et les aiguise avant de s'affairer à préparer le repas il me semble.

Je n'ai qu'une envie, retourner dans la chambre et me terrer sous les draps. Oh non encore mieux, me blottir fort dans les bras de Tom et tout oublier... Mais c'est impossible n'est-ce pas ? Je me relève et dépoussète mes vêtements avant de me diriger vers le salon, enfin ce que je pense être le salon. C'est une grande pièce elle aussi toute peinte de blanc, je commence à croire que seule ma chambre n'est pas vierge, et quelques meubles y trônent. Un canapé, blanc. Une table et des chaises, blanches elles aussi. Cet univers stérile me trouble et m'angoisse au plus haut point. Je l'entends vaguement s'occuper mais sa voix me parvient toujours aux oreilles. Toujours « Heilig » en fond sonore... Cette chanson me rappelle soudainement Tom...
Ses bras me manquent tellement... Je donnerais tout pour que ces derniers jours s'effacent d'un seul coup. Je voudrais juste le revoir et que tout redevienne comme avant... Alors pourquoi ? Pourquoi ma volonté si forte les choses restent intactes ? Pourquoi rien ne réalise jamais comme on le voudrait ?


« Mon Ange, le repas est prêt tu viens ? »

Le son de sa voix me donne la nausée. J'ai envie de pleurer. J'aimerais tellement que ce ne soit qu'un cauchemar...
Je hoche lentement la tête et vais m'asseoir à table. Je frissonne d'appréhension. Je ne sais pas quels gestes adopter, ni même si je dois me forcer à lui parler... Mes gestes sont maladroits et la crainte n'améliore rien. Mes mains tremblent comme deux feuilles en pleine tempête alors que je saisis mes couverts. Je sens son regard sur moi, il me détaille et m'observe. Je voudrais aller me cacher... N'importe où pour ne plus sentir ses yeux posés sur mon corps. Il me dégoûte putain...

Je mange le plus rapidement possible. Une fois terminé je me lève et cours dans ma chambre sans un seul mot. Je me réfugie dans les seules couleurs qu'abritent cette maison et me roule en boule sous les couvertures de mon lit. Les larmes me montent aux yeux. Je suis complètement désespéré et je ne sais même pas si j'aurais le courage de faire quoi que ce soit pour m'en sortir. Je veux juste que tout s'arrête. Tom...

Fin Pov Bill.

Pov Thomas.

Je finis de laver la vaisselle, chantant toujours cette chanson. Celle qu'il a si souvent chanté pour les autres. Mais je le sais, en réalité elle m'était destinée. Tous ces grands sourires, toutes ces chansons magnifiques... C'est à moi qu'ils s'adressaient. Je le sais. Et il le sait aussi au plus profond de lui. Je regarde autour de moi. Les mrus blancs commencent à me faire mal aux yeux et à me fatiguer. Cette pièce a besoin de couleur. Je vais dans ma chambre et saisit une boîte. Un sourire prends place sur mes lèvres. Il est là. Lui. Enfermé sur ce papier si doux. Son sourire y est figé et ses yeux me regardent si profondément... Je prends la boîte et la ramène au salon. Je sais ce que je vais faire... Il sera tellement heureux quand il verra ça... Je découpe chaque photo correctement et commence à les accrocher un peu partout dans la pièce. Il est si beau. Et il est à moi. A moi et à moi seul. Plus personne ne le touchera. Plus aucune main ne se posera sur son corps. Encore moins celles de son... Cet être répugnant qui l'a souillé loin de moi. Mais plus jamais il ne recommencera.

J'ai finis. La pièce est entièrement tapissé de son image. De son sourire. De ses yeux. Il va être tellement heureux quand il va découvrir ce que j'ai fait pour lui... Et si j'allais lui annoncer moi-même ? Son sourire me manque tellement. Pourquoi ne sourit-il plus ? Pourquoi ne me regarde-t-il pas ?
Je monte et arrive à la porte de sa chambre et entre sans frapper. Il est couché sous les courvertures qui épousent les courbes de son corps parfait.


« Mon Ange ? »

Je vois son corps trembler fortement. Je m'approche, voulant le rassurer mais il semble s'agiter encore plus.

« Calme-toi mon Ange, ce n'est que moi... »

Il se relève doucement et ses yeux rencontrent les miens, avant qu'il ne détourne rapidement le regard.

« Je t'ai préparé une petite surprise. Viens avec moi. »

Je lui tends la main mais il se lève et passe devant moi tout seul. Ses pas ne sont pas assurés. Il a l'impression qu'il n'est pas à sa place ici. Qu'il aime... Qu'il l'aime et qu'il veut s'en aller. Mais je saurai le lui faire oublier. Je saurai le rassurer et lui donner envie de rester à mes côtés. Et d'ailleurs, je pense que ce à quoi j'ai passé mon après-midi me sera d'une aide précieuse.

« C'est dans le salon mon Ange. »

Il tressaille à l'entente de ce surnom. T'appelait-il comme ça mon Ange ?
Il avance et arrive dans la pièce.

Fin Pov Thomas.

Pov Bill.

Je me retiens de toutes mes forces de plaquer mes mains sur mes oreilles pour empêcher sa voix d'atteindre mes oreilles. Tais-toi. Tais-toi. Tais-toi...
Je descends lentement les marches et arrive dans ce qui était avant un salon immaculé. Et... Oh mon Dieu. Des photos. Des centaines de photos. J'apparaît partout. Mon image baigne la pièce. Je me vois partout. Je titube sous le choc et me retourne pour rentontrer ses yeux. Un haut le coeur me saisit et mes jambes tremblent. Je tente de me raccrocher à une chaise mais je remarque que les housses sont elles aussi couvertes de... Moi. Je me vois sourire sur ses murs. Je reconnais mes tenues sur chaque photo. Je me souviens de chaque moment... Non... Pourquoi fait-il ça ? Tout tourne tout à coup. J'ai envie de vomir mais ma gorge est bloquée. Je me vois devenir flou, les murs semblent se rapprocher et mes oreilles sifflent comme si mes tympans allaient exploser... Mes yeux roulent, je me sens tomber. Puis plus rien.

Ma tête tourne encore. Je rassemble avec peine mes souvenirs et me souviens de ces horreurs. Moi... rien que moi... Comment a-t-il fait pour dénicher autant de photos de moi ? Il est malade... Il a réellement cru que ça allait me faire plaisir...
Le silence me pèse. Je me rends compte que je suis sur mon lit, seul. Il a dû me... porter... et est sorti après. Je sors du lit et avance prudement, ma tête me lance encore un peu. Pas un bruit dans la maison. Sa voix ne résonne plus, heureusement d'ailleurs. Je me serai crevé les tympans pour ne plus avoir à l'écouter. Je sors de la chambre et m'aperçois que les portes sont ouvertes dans le couloir. La lumière a innondé cette partie si sombre tout à l'heure. Je m'aventure vers les autres pièces et découvre d'autres chambres. Que des chambres. Puis une porte fermée. Je pousse la poignée. Elle s'ouvre. Il est malade ? Ou juste amoureux de moi... ?
Au centre de la pièce, juste une table. Avec un ordinateur et plusieurs autres appareils posés dessus. Je m'approche de l'écran allumé et aperçois quelque chose.

Non.... Je vous en supplie non... Pas ça.

aut-piquey saut-piquey, hello everybody !! :
j'ai la gueule de bois. J'ai mal à la tête, mon c½ur s'amuse à me donner des nausées, et ... je me suis ridiculisé en dansant sur mon buffet à moitié nu.
Mais à part ça la vie est belle non ?

appuie là où il faut tu seras pas déçu(e) dit :
gueule de bois ? fallait pas boire autant, combien au fait ?
pauvre c½ur du pauvre Billou...
la vie est belle ? euh ouai... c'est bien possible.

saut-piquey saut-piquey, hello everybody !! :
merci de me soutenir =) enfin passons...
tu m'as l'air triste t'es sûr que tu veux pas en parler ?

appuie là où il faut tu seras pas déçu(e) dit :
non, c'est bon. J'ai pas envie de te soûler avec mes soucis.

saut-piquey saut-piquey, hello everybody !! :
mais tu me soûles pas ^^ tu sais t'es un peu comme un grand frère pour moi. Un grand frère du net...=)

Pourquoi y a-t-il une copie de chaque conversation sur son ordinateur ? Et que fais la photo de Tom accroché au dessus de ce dernier ?
Je ne comprends rien.









___________________________________________


Plus envie d'écrire. Plus envie de se forcer. Parce que c'est jamais bon...
Mais je vais la finir cette fic, Promis. J'ai un OS ou deux qui sont Hors Ligne, je les poste ?

Désolée... Vraiment désolée... Je sais pas qui va continuer à me lire et si quelqu'un va le faire...
Mais Merci de m'avoir au moins lue jusqu'ici.
Encore désolée...

A bientôt.
<3

EDIT : Ca me fait plaisir que vous ne vouliez pas que j'arrête ma fic comme ça. Et c'n'était pas du tout mes intentions ! Quand je dis que je vais la finir, je vais la finir complètement... Chapitre après chapitre... comme avant quoi !
Ca prendra juste un peu plus de temps...
Je pars en vacances dans deux semaines et j'espère réussir à la finir avant, il ne reste que quelques chapitres...
Merci à toutes...

<3

Lola => C'est une ancienne conversation que Bill avait eu avec Tom. Bill a cru Thomas quand il lui a dit que c'était lui le garçon du net. Il se demande juste pourquoi il y a une photo de Tom sur l'ordinateur de Thomas alors qu'il le déteste à mort.
Ce s'ra plus clair dans le chap' d'après ne t'inquiète pas =)
Merci <3

# Posté le samedi 26 avril 2008 13:43

Modifié le lundi 28 juillet 2008 08:42

OS : I Still Love You

OS :                                             I Still Love You
« J'en peux plus. Je peux plus continuer comme ça... C'est fini je... Désolé. »

Ta phrase résonne dans ma tête et cogne dans chaque recoin. Mon cerveau peine à analyser ce que tu viens de dire.
Je vois ta silhouette s'éloigner doucement. Je détaille la pièce vide de ta présence, aussi vide que l'est à présent mon coeur. Je crois que tout commence à m'apparaître. J'ouvre la porte à la volée et cours le plus vite possible, tentant de te rattraper mais je ne te distingue déjà plus. Je pose ma main sur mon coeur et le sens battre horriblement vite. Je tombe au sol et les larmes dévalent soudain mes joues. Elles me brûlent et la culpabilité me ronge. Après tout, c'est ma faute. Je m'adosse au portail et cogne mon crâne contre le métal froid. Le ciel est gris. Ou blanc. Je ne vois plus rien tant le sel me pique. J'enfouis ma tête dans mes bras et hurle ma tristesse. Pourquoi. Pourquoi es-tu parti. Je t'aime tellement...
Je reste comme c'la longtemps, puis fini par entendre des pas dans l'allée. Je relève doucement la tête. Je dois avoir les yeux détruis et énormément rougis, mais je m'en fiche. Je ne reconnais pas la personne qui me soulève et me ramène dans ma chambre. Je pleure toujours plus fort. On me dépose sur mon lit. Ton odeur y est toujours encré. Plus je respire et plus les souvenirs remontent. Tous tes mots, tous tes baisers, toutes tes caresses. Je saisis mon oreiller et le mors pour étouffer mes cris. J'ai le coeur brisé. Premier amour. Premières douleurs. Premières larmes. Première lame.

J'entends des voix provenant du salon mais ne saurais dire à qui elles appartiennent. J'aimerais tellement réentendre la tienne. Etre dans tes bras à nouveau, t'entendre me murmurer que tout est fini et que c'n'était qu'un mauvais rêve. Je ferme fort les yeux. Si fort... Pitié reviens-moi... Je t'aime toujours. Les larmes continuent d'abonder et nos souvenirs refusent de me laisser. Ca fait si mal de repenser à tout ça. Pourquoi, dis-moi.


« POURQUOI ? »

Je crie à haute voix cette fois. Les sanglots me secouent et mes poings frappent chaque parcelle de mur qu'elles peuvent trouver. Tu me fais si mal. Je pleure, encore et encore. J'entends des pas précitpités dans l'escalier. Pitié non, laissez-moi mourir tout seul. Je les entends se rapprocher, toujours ces voix indistinctes. Toujours mes larmes et mes cris...

« Calme-toi, calme-toi. »

« ALLEZ-VOUS EN »


Je ne me contrôle plus. Je les repousse et claque la porte. Je vais vers mon bureau et d'un geste balance toutes les affaires présentes au sol. Tout. Je brise tout. Je n'épargne rien, encore moins mon corps. Je frappe le mur à nouveau, jusqu'à le couvrir de sang sur une partie. La douleur physique ne m'atteint même plus. Je ne suis concentré que sur les décharges que m'envoie mon coeur. Je tourne sur moi-même et aperçois nos photos. Je les prends toutes dans mes mains et commence à en déchirer. Une, deux... Je revois ton sourire et m'effondre au sol, au milieu de nos souvenirs glacés.

Encore ces images. Toi, moi, nous... Je n'en peux plus. Pourquoi ? Pourquoi je t'aime alors que tu es parti ? Pourquoi ta voix et tes mains ne veulent-elles pas quitter ma peau et mon âme ? Ma gorge est sèche, tant les larmes et les cris l'ont fatigué. Mon poing se resserre sur une photo que je ne vois plus et mes yeux se ferment doucement. La fatigue me submerge et je me retrouve dans tes bras. Je revois tes yeux et réentends ta voix. Je suis allongé sur mon lit, ils ont du m'y déposer. Les larmes coulent toujours, indépendemment de ma volonté. Ou alors je ne contrôle réellement plus rien. Je veux juste que tu me reviennes... Je t'en supplie reviens.


« Je t'aime. »

Ce murmure franchit mes lèvres avant que je ne m'endorme définitivement, fondant sous ton baiser que plus jamais je ne connaîtrai.



Je me réveille le lendemain matin et te cherche près de moi. Pourquoi n'es-tu pas dans mes bras... ? Où es-tu ? Dans quel draps as-tu trouvé refuge ? Je me mords la lèvre afin de retenir les sanglots brûlants qui me piquent la gorge. Je passe ton tee-shirt et me dirige vers la porte. Mes pieds me me font étrangement mal mais je m'en fous. Je descends à la cuisine et m'assoie sur une chaise. Et je reste là. Je fixe le jardin où nos corps enlacés dansent encore pour la première fois. Tout ici me rappelle nous. Mes yeux sont vides, reflet de mon âme. Je n'ai déjà plus de coeur. Dès l'instant où je te l'ai donné pour que tu le charpies, il a disparu dans les flammes de ton Enfer.


« Ca va chéri ? Tu veux quelque chose à manger ? »

Je tourne la tête vers la voix mais ne réponds rien. Je n'ai plus envie de parler à qui que ce soit. Sauf à toi pour te hurler de revenir me serrer contre toi. Je ne veux plus voir personne, sauf tes yeux qui me réchauffe si bien... Reviens...

« Mon dieu tes pieds ! »

Je baisse la tête, indifférent. Oh tiens je saigne. Beaucoup. Ce doit être les photos, j'ai du m'y coupé tout à l'heure. Mais tout ce sang qui s'écoule n'est rien par rapport à celui qui s'échappe peu à peu de ce qu'il reste physiquement de mon coeur. Je me lève pour remonter dans ma chambre mais mes chevilles cèdent et je tombe. Le sang coule toujours et la voix se précipite sur moi.

« Ne bouge pas ! Je reviens avec ce qu'il faut pour te soigner. »

Vous n'avez donc pas compris que je voulais qu'on me laisse seul ? Qu'on me laisse rêve de toi et à ton retour ? Qu'on me laisse te pleurer en t'attendant ? Qu'on me laisse arrêter de vivre tant que tu ne redonnes plus de couleurs à ma vie... Je m'allonge en étoile au sol et frissonne à la fraîcheur du carrelage, lui aussi brûle ma peau et les larmes reviennent. Je veux pleurer, toute ma vie. Je veux, que tu reviennes... Je ferme les yeux et comme à chaque fois, ressens ton fantôme en moi.
Quelque chose vient piquer ma peau et je me demande quand sentirai-je à nouveau ta langue piquer la mienne. La douleur s'évapore à nouveau et je reste par terre, à me morfondre. Je ne ressens plus rien, juste le vide immense de ton amour. Je ne sens plus aucun de mes membres, engourdis je présume.

Je sens à peine deux bras me soulever et m'emporter. Laissez-moi m'endormir ici. Laissez-moi souffrir, parce que si je souffr j'espère. J'espère que tu seras à nouveau près de moi. J'espère que tes lèvres aimeront encore les miennes. J'espère... le brouillard reprends possession de moi et m'encercle pour de longues heures.


Un poids enfonce mon lit et me fait ouvrir les yeux. Cela fait maintenant septs longs jours que tu es parti. Je continue de souffrir, de pleurer à chaque souvenir de nous. Je ne parle toujours pas, ne mange que très peu. Je t'attends. Toujours. L'ombre dans ma chambre se rapproche de mon visage et passe sa main dessus. Elle n'est pas aussi douce que la tienne. Rien ne sera jamais merveilleux, doux... que toi. Sa voix résonne fort :


« Ca fait une semaine mon chéri... il faut que tu te remettes et que tu l'oublies... »

Je la repousse violemment et sors de mon lit tout habillé. Je ne prends même plus la peine de me changer le soir. J'ai envie de hurler. De lui hurler que jamais je ne t'oublierai. Que tu reviendras et que tout recommencera comme avant. Je dévale les escaliers. Mes amies les larmes sont revenues. Je retrouve leur chaleur infernale et leur sel empoisonné. Pourquoi ? Pourquoi à chaque fois que je pense à toi reviennent-elles ? Pourquoi cette lame enfoncée en moi à chaque seconde qui passe loin de ton coeur ? Je cours, manquant de tomber à chaque enjambée. Je ne veux plus les entendre. Ces voix qui me martèlent chaque jour avec leur venin à ton égard. Je cours, sentant juste levent fouetter mon visage et bleuir ma peau. Ma course me mène à ta maison. Je me stoppe d'un coup et reprends mon souffle qui se saccade dès que je pose les yeus sur ta fenêtre.

J'hésite. Je tends la main vers la poignée du portail. A son contact des souvenirs refont surface. Encore. Ma peau se souvient de la fraîcheur du métal alors que tes lèvres pressaient les miennes pour la première fois. Les larmes, encore. Mais je les retiens cette fois. Peut-être le temps est-il venu d'être fort et d'oser t'affronter. Même si je sais que te revoir est à la fois ce que je désire et crains le plus. Je ferme les paupières et tourne la poignée. Le portail grince et le vent revient. J'avance lentement vers chez toi. Je sais que je devrais m'enfuir en courant. C'est ce qu'ils diraient.

Mais j'ai décidé de jouer le tout pour le tout. J'avance toujours vers l'entrée et pose ma main sur la sonette. Mon coeur bat de plus en plus vite à mesure que j'entends des pas dans la maison. Les tiens ? Ceux de ta mère ? Ceux de... quelqu'un d'autre ? La porte s'ouvre et je soupire presque de soulagement en croisant le regard de ta mère. Elle me sourit tristement et me dit :


« Je suis désolée... il n'est pas là... je n'sais pas quand est-c'qu'il reviendra. »

Je hoche la tête, déçu. Mon coeur bat de plus en plus vite et mon souffle accélère tandis que je me remets à courir. Pour aller où ? Où sont tes bras ? Où es-tu ?

« OU ES-TU ? »

Je crois que... je vais passer ma vie à te pleurer. Je crois que je le veux. Alors je pleure, comme chaque fois que je pense à toi. Je marche, lentement. Aucune envie ne m'anime plus désormais. Plus aucun espoir n'abrite mon souffle. Toutes mes illusions s'effacent tellement vite que j'en ai le tournis. Pourquoi ? Je voulais simplement retrouver ta chaleur... Reviens-moi. Je passe devant un banc où un couple est enlacé. Je crois que c'est trop. Trop douloureux, trop horrible, trop beau... trop eux et plus nous. Je passe ma main sur mon visage et me rends compte que je saigne du nez. Tu vas finir par me détruire. Le sang se mélange aux larmes et me défigurent. Je ne fais strictement rien pour arrêter tout ça. Je n'ai plus envie de rien. Plus envie de rire. Plus envie de vivre. Plus envie de rien... Mon cerveau n'est plus omnubilé que par nos souvenirs. Encore et toujours. Je ne fais que tourner en rond depuis que tu es parti. Je pense à toi à chaque seconde. Je te vois partout où se pose mes yeux. Tu me restes ancré au corps et au coeur. J'en peux plus. Reviens ou laisse-moi te quitter à mon tour.

Je tremble de tout mon corps et mes pas se font plus rapides. J'arrive devant chez moi cette fois-ci. Je veux m'allonger et m'endormir dans ton parfum une dernière fois. Mes parents sont dans le salon. En m'apercevant ils me sourient, je ne sais pas pourquoi et je m'en contrefiche. Allez tous crever en Enfer et laissez-moi retrouver le sien. Je monte les escaliers, m'accrochant aux murs. Les larmes me brouillent la vue et je tombe sur une marche. Je me relève sanglotant toujours et me dirige vers ma chambre. Ton odeur me frôle et semble emplir le couloir. Je te vois partout, je te ressen dans le moindre recoin de la maison. Les perles salées affluent encore plus car je sais que ce n'est encore qu'une vulgaire illusion. Un souhait dévastateur de mon esprit. Une autre fourberie. La dernière. Il faut que tout ça s'arrête. Je pousse la porte de ma chambre et me fige à l'entrée. Ce que j'aperçois me coupe le souffle. Mes yeux s'écarquillent et mes jambes flageollent. Je ne tiens plus et m'appuie sur le mur du seuil. Mais... Ce doit être un rêve. Encore un autre... J'avance vers ton fantôme et le dépasse, convaincu que tu n'es pas réel. Mais... si tout ceci n'existe pas, alors pourquoi une main se pose-t-elle sur mon épaule. Mon sang palpite à mes tempes et le tournis me reprends. Je me retourne lentement et mon regard croise le tien.
Je meurs. Je revis. Je respire. J'étouffe. Je pleure. Je souris. Je tombe. Je... Je ne comprends pas ce qui se passe. Tu ne peux pas être là. Tu ne peux pas. Pas après tout ce que j'ai espèré. Mes prières n'ont pas pu être exaucées. C'est impossible. Je m'écroule en larmes sur mon lit et me balance, les bras entourant mes genoux. Je deviens fou.

Je sursaute en sentant ta main se poser sur la mienne. Ta chaleur se propage alors dans mon sang. Je... C'est réel alors ? Tu es vraiment là alors ? Vraiment ? Je relève doucement la tête vers toi et plonge mes yeux inondés dans les tiens. Je retrouve tout. Les images, le soleil, le goût, la vie, les battements de mon coeur...
Putain. Je ne rêve pas... Je ne fais plus aucun geste, je reste seulement à te regarder. Si tu savais combien de temps j'ai attendu ce moment. Cet instant où je te ressentirai à nouveau près de moi. Tu m'as tellement manqué... Je ne sais pas ce que tu fais ici, ni ce que tu veux. Je sais seulement que tu m'es revenu, et c'est la seule chose qui importe. Je pleure plus fort et me jette dans tes bras, me serrant le plus fort possible contre toi. Je t'en supplie ne me rejette pas.
Je sens tes bras me presser contre toi et mes larmes deviennent joie. Je t'aime, je t'aime tellement. Je te serre à nous étouffer. Je ne veux jamais que tu t'en ailles. Plus jamais ressentir ce manque et ce vide glacé dans mes entrailles. Ton coeur bat contre le mien et je me cache dans ton cou. Emporte-moi avec toi. A nouveau. Possède-moi. Revis-moi. Reste ici. Je me détache et te regarde à nouveau.


« Tu es si beau. »

Tes lèvres rencontrent les miennes et quelque chose explose en moi. Ta douceur m'envole et je me sens enfin bien. Je te serre toujours plus fort, et refuse de te lacher. J'aggripe ton tee-shirt et me fonds dedans. Les larmes se font rare et le silence se fait maître. On s'embrasse longtemps, nos lèvres s'aiment, nos langues se rassurent mais ce n'est jamais assez pour faire disparaître ce froid qui revient quand tu te détaches. Ne pars pas. Ne pars plus.

Je t'en supplie. Dis-le moi. Je t'en supplie.

« Je t'aime toujours. »

Je me remets à pleurer et me peletonne fort contre toi. Garde-moi contre ton coeur. Pour toujours. Ne ne refait plus jamais subir tout ça... Je crois que je ne le supporterai plus.
Ici, dans ta chaleur et à la lumière de la lune, je sais enfin. Je sais après des heures de silence, de baisers, d'amour que tu n'es pas un rêve. Que je t'appartiens à nouveau et que tu n'es qu'à moi, comme ça aurait toujours du être et comme ça le sera pour la vie.


« Je t'aime. »

Je pose mes lèvres sur ta peau et te fait jurer de rester toute ta vie à mes côtés. De m'aimer encore et toujours. De ne plus jamais me quitter. Je t'offre mon coeur, à nouveau. Lie-le au tien et lie-les dans l'éternité.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 11:46

Modifié le mardi 22 juillet 2008 10:03

Fin.

Fin.
Pov Bill.
J'ai mal à la tête. J'ai la nausée. Je sens mes deux mains attachées à un métal froid. J'ai peur. Tom. Tom, ou es-tu ? J'ai l'impression d'être dans des montagnes russes lancées à pleine vitesse depuis des heures, comme si on m'avait drogué et que mon corps luttait contre ses effets.
J'entends des voix. Plusieurs échos qui ne font qu'augmenter ma douleur mentale et ma terreur. Je n'ouvre pas les yeux. Je ne veux pas revoir son visage dément, son sourire psychotique accroché aux lèvres. Je refuse de revenir à la réalité. Je voudrais seulement me réveiller de ce cauchemar une bonne fois pour toutes...

Les voix s'intensifient, ce qui tente à m'intriguer. Dans le peu de souvenirs clairs que la substance coulant dans mon sang rend flous, Thomas a toujours été seul. Enfin, avec moi. J'ai l'impression de frissoner. Je crois sentir quelque chose caresser mes doigts et mon corps y réagir. Quoique vu l'état dans lequel je suis, il pourrait être en train de me couper le pouce, je ne m'en rendrais pas compte.
Je divague je crois. Comme si mes pensées m'échappaient peu à peu.

Je vois Tom. Je sens ses bras froids autour de moi. Je revois ses yeux. Suis-je en train de mourir ? Suis-je déjà mort ? J'a froid. J'ai chaud. J'ai peur. J'ai envie de dormir...
Fin Pov. Bill.


Il sombre à nouveau dans le sommeil. Il ne voit pas le visage aui se penche vers lui. Il ne sent pas les lèvres qui se posent sur les siennes. Il n'entend pas le souffle chaud qui lui murmure « Je t'aime mon Coeur. » Il ne voit pas les personnes présentes dans la pièce s'affairer autour de lui. Il n'entend pas les pleurs de certaines. Il ne sent pas le coeur qui bat près du sien.
Il n'a pas compris. Il n'a pas ressenti. Pas encore. Que Tom, son frère qui s'était tant battu pour lui, était de nouveau à ses côtés.

Pov. Tom.
Il est là. A quelques centimètres de ma main. Je l'ai enfin retrouvé. Nous l'avons enfin arraché aux griffes de ce fou qui aurait fini par le tuer si...
On dirait au'il dort. Les paupières clauses comme après chaque nuit passée dans mes bras. Le souffle régulier et silencieux.
Je détourne les yeux, malgré moi. La pièce blanche et l'odeur infecte me ramène à la réalité dont le poids était moins lourd depuis quelques heures. Je ne sais pas ce qui me dégoûte le plus. La vue de son corps si filiforme étendu sur ce lit, ou le fait que j'en sois responsable. Je ne sais pas qui me dégoûte le plus. Ce monstre qui a failli me priver de lui à jamais, quoique plus je réfléchis plus la pensée de lui survivre apparaît absurde; ou bien moi-même.
Moi, qui suis directement coupable de tout ce qui est arrivé à mon petit frère.
Quoi dois-je haïr le plus ?

Je reprends sa main dans la mienne et la fraicheur glacée qui s'en dégage me donne la chair de poule. La réalité me répugne. Elle. Tout. Lui. Moi.

J'aimerais seulement... j'aimerais seulement qu'il ouvre les yeux, qu'il serre ma main...
Petit frère... reviens... s'il te plaît.
Fin Pov. Tom


Les médecins reviennent. L'hôpital est sur le qui-vive depuis l'admission de Bill Kaulitz aux urgences pour une overdose de calmants. Des voitures de police sont postées autour du bâtiment, bien que le secret de la présence des jumeaux soit aussi bien gardé que le palais de Windsor. Aucun oeil, aucun souffle, rien ne peut filtrer. Personne n'est au courant, bien entendu. Quelles seraient donc les répercutions pour eux, pour le groupe ? Cela va de soi, personne ne doit savoir ce qui s'est passé.
La disparition soudaine de Bill ? Excuse des plus banales. Maladie. Mononuchléose de plusieurs semaines, clouant le chanteur au lit sans pouvoir fournir le moindre effort, sous peine de conséquences graves.
Comment Tom a-t-il retrouvé son frère ? L'argent est un moyen de persuasion très efficace n'est-ce pas ? Ce pauvre serveur plus ou moins complice n'y a pas résisté. Evidemment. Detaillant à Tom les actes passés et intentions futures de Thomas, il s'est offert de quoi passé... une belle vie. Au soleil en premier lieu, puis à l'ombre étrangement rattrapé par ses propres actes. Rejoignant son ami au service psychiatrique de la prison la mieux gardée d'Allemagne.



********


La nuit est tombée. Les rideaux de toutes les chambres sont tirés et les visiteurs sont rentrés chez eux. Tous, sauf Tom. Bien sûr. Il attend. Les médecins lui ont garanti que Bill se réveillerait dans « quelques heures ».
Il attend. Il attend. Il ne désespère pas de revoir les yeux de son anmour plongés dans les siens.

Hasard. Ou force de conviction. Peut-être les deux.

« Tom... »

Une larme. Une autre. C'est fini. Tout est fini. Tout ira bien. (<3)

« Bill... »

Parfois, tout est bien qui fini bien. Parfois, il faut traverser ou vivre des épreuves horribles pour arriver à obtenir cette fin heureuse que tout le monde recherche. Parfois, on ne se rend pas compte qu'elle est juste à portée de mains.
Et puis parfois, après avoir tout traversé, on la trouve enfin.




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C'est vraiment mauvais. Mais c'est fini. Merci de m'avoir lue. Jusqu'au bout ou pas.
Dann wird alles gut... Je te l'avais promis. Alex, cette fin est pour Toi. Même si elle est pourrie XDD

Merci.

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 07:42